Dans quels cas WordPress est-il pertinent ?
Présentation du roi des CMS

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WordPress l’annonce en gros titre de la page d’accueil de son site : “Les meilleurs nous font confiance. 43% du web est propulsé par WordPress, des blogs personnels aux plus gros sites d’actualités en ligne”. En vérifiant les chiffres, la réalité est bien là : selon W3Tech, sur l’ensemble des sites web existants en décembre 2021, 43.1% utilisent WordPress. Il écrase la part de marché des autres systèmes de gestion de contenus (CMS pour Content Management System), qui ne parviennent pas encore à atteindre les 5% (4.4% pour Shopify et moins de 2% pour Wix, Squarespace ou Joomla), mais il devance également la part de marché des sites n’utilisant aucun CMS (33.8%). Autre point notable : alors que la part de marché de WordPress ne cesse d’augmenter depuis 2011, celle des sites sans CMS ne cesse de diminuer. Ainsi, au-delà du fait que WordPress est le plus populaire des CMS, le nombre de sites sous WordPress dépasse désormais largement le nombre de sites sans CMS.

Afin d’éviter toute confusion, il convient d’emblée de distinguer wordpress.com et wordpress.org :

  • wordpress.com est la version hébergée du logiciel wordpress.org (c’est donc une version clé en mains payante) ;
  • le logiciel wordpress.org est gratuit et open source, c’est-à-dire que toute la communauté peut y contribuer.

Tout au long de cet article, en parlant de WordPress, c’est à la version logicielle wordpress.org que nous nous référerons.

Un projet à réaliser sous Wordpress ?

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On entend souvent dire que WordPress n’est pertinent que pour créer des blogs, des sites éditoriaux ou des sites vitrines sans aucune complexité. Pourtant, chez Sooyoos, environ la moitié de nos projets utilise WordPress et la plupart vont bien au-delà de ça. Il s’agit de projets très divers (sites éditoriaux, intranets sécurisés, plateformes applicatives) pour des clients également très divers : des grands groupes (Berger Levrault, Nespresso, Galbani, Air France, Dassault Systèmes,...), à des PME, en passant par des associations (Action contre la Faim) ou des institutions (Fondapol). Evidemment, WordPress n’est pas adapté à tous les projets (sinon, tout le monde ne ferait que ça!), mais il est tout à fait possible de l’utiliser pour quelque chose de plus complexe qu’un blog. Le but de cet article est d’aborder de façon exhaustive les possibilités offertes par WordPress et les raisons pour lesquelles il reste une valeur sûre, tout en identifiant objectivement les cas pour lesquels son utilisation n’est pas la plus pertinente.

Pourquoi utiliser WordPress pour votre site vitrine ou éditorial ? La façon classique d’utiliser WordPress

Les avantages d'un CMS

Qu'est-ce qu’un CMS ?

Un CMS est littéralement un système de gestion de contenus (Content Management System en anglais). Les CMS sont donc des logiciels permettant de créer et d’administrer dynamiquement un site web : publier un article, modifier un titre sur une page, ajouter une image. De l’action la plus basique à des actions plus poussées, les CMS offrent un back-office simple permettant de mettre à jour un site. Là où l’utilisation d’un CMS est intéressante, c’est que de nombreuses fonctionnalités sont disponibles nativement, ce qui permet de gagner du temps de développement, nous y reviendrons.

On peut distinguer deux grandes catégories de CMS : les CMS open source et les CMS propriétaires. Cela rejoint la différence évoquée précédemment entre wordpress.org et wordpress.com :

  • d’un côté, on a les CMS open source qui sont, comme leur nom l’indique, libres. Leur utilisation est très souvent gratuite (attention, cela ne signifie pas que la création du site dans son ensemble est gratuite, mais l’utilisation du CMS l’est), et l’accès au code source est ouvert à tous. L’essence de l’open-source est le collaboratif, l’idée est que la communauté participe continuellement à l’amélioration de ces CMS. Parmi les CMS open source les plus utilisés, on trouve WordPress, Joomla, Drupal, Prestashop ou encore Magento.
  • De l'autre côté du marché des CMS, on trouve les CMS propriétaires (par exemple Wix, Squarespace, Shopify). Là où les CMS open source sont par définition libres, les CMS propriétaires sont développés par des entreprises qui sont propriétaires du code source et qui en restreignent donc l’accès. Le degré de flexibilité est donc largement moindre qu’avec une solution open source.

Les avantages d’un CMS et le cas de WordPress

L’avantage principal d’un CMS est son utilisation. Tous les CMS sont faits pour être utilisés facilement en proposant une interface intuitive permettant de modifier, ajouter ou supprimer du contenu de façon autonome (donc sans avoir besoin de connaissances techniques). De plus, de nombreuses fonctionnalités simples sont natives, il est donc plus rapide d’atteindre un site web fonctionnel en se basant sur un CMS qu’en partant de zéro. Dans les fonctionnalités natives les plus intéressantes, on peut citer la gestion de rôles utilisateurs, l’upload et le stockage de médias, la création de posts. En plus de ces fonctionnalités natives, on trouve pour la plupart des CMS open source de nombreux plugins permettant de couvrir des fonctionnalités supplémentaires, par exemple la création de formulaires, ou bien la mise en place d’un système de traduction. Globalement et en généralisant, pour des projets simples, l’utilisation d’un CMS aura un rapport temps/livrable bien meilleur qu’un framework.
En ce qui concerne WordPress, c’est un CMS créé en tant que tel en 2003 par Matthew Mullenweg et Mike Little reprenant et améliorant le logiciel b2 créé deux ans plus tôt par Michel Valdrighi. Depuis la version initiale 0.7 de 2003, WordPress compte régulièrement de nouvelles mises à jour (corrections de bug, nouvelles fonctionnalités), jusqu’à la dernière version en date, la 5.8, sortie en 2021. WordPress utilise le langage PHP et MYSQL en ce qui concerne la gestion de base de données.

Pourquoi WordPress et pas un autre CMS ?

Plugins de confiance et grosse communauté

La communauté WordPress à travers le monde est immense et par conséquent on trouve des milliers de plugins téléchargeables. Paradoxalement, c’est là où il faut être prudent pour ne pas installer n’importe quelle extension, ce qui pourrait potentiellement vous exposer à des incompatibilités ou à des failles de sécurité. Chez Sooyoos, pour éviter cela, nous avons fait le choix d’utiliser systématiquement des plugins de confiance, connus, testés, re-testés et re-re-testés. Sauf exception, nous installons au moins ces plugins sur tous nos WordPress : Advanced Custom Fields, Gravity Forms, Yoast SEO, WP-Rocket.

 

Un back-office intuitif et flexible

Le back-office WordPress est très simple d’utilisation, et se base sur une distinction fondamentale entre les pages et les posts (articles). Schématiquement, une page est un contenu froid et unique, par exemple la page d’accueil de votre site. A l’inverse, un post est un contenu chaud et dont le template a vocation à être utilisé en nombre, par exemple une actualité : il y a plusieurs actualités sur votre site qui utilisent toutes le même template, ce sont des posts. Nativement, WordPress vous permet donc de créer des pages et des posts, ce qui est certes très utile mais peu personnalisé. C’est là qu’interviennent les Custom Post Types (CPT) : il est possible de créer des types de contenus personnalisés en plus des articles natifs. Pour prendre un exemple concret, la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) présente sur son site des études au format long, des événements, et des décryptages de l’actualité : ce sont tous des contenus chauds, mais pour autant il n’est pas pertinent d’utiliser le type de contenu articles pour les trois. Nous avons créé trois CPT distincts qui constituent trois entrées dans le back-office : un CPT Étude, un CPT Événement, et un CPT Décryptage. Ces trois types de contenus peuvent utiliser des templates différents : en ajoutant un événement, on devra ainsi remplir un champ “Lieu” qui n’a pas lieu d’être pour une étude.
En plus d’avoir recours aux CPT, WordPress permet également de créer des taxonomies complètement personnalisées. La taxonomie sert à catégoriser un contenu. En prenant le même exemple de la Fondapol, pour regrouper toutes les études portant sur le populisme, nous avons utilisé une taxonomie “catégorie”. Il s’agit là d’un usage basique d’une taxonomie native, mais encore une fois avec un peu de développement il est possible de tout customiser. A une étude on pourrait assigner un auteur : pour ce faire, on créerait une taxonomie auteur, le contributeur créerait sa liste d’auteurs puis assignerait les études à tel ou tel auteur de sa liste. En allant plus loin, pour chaque auteur on pourrait avoir besoin de remplir plus qu’un champ nom, par exemple une courte biographie, ou bien une date de naissance, ou bien une photo. En utilisant le système de taxonomie, pas besoin de remplir toutes ces informations plusieurs fois, il suffit de les renseigner une fois puis de lier chaque contenu à l’auteur concerné (un ou plusieurs).
Pour faciliter encore plus l’utilisation du back-office et surtout le rendre encore plus flexible, nous avons adopté pour tous nos projets le plugin Advanced Custom Fields (ACF). Il offre la possibilité de créer des groupes de champs personnalisés (qu’on appelle des blocs), et d’assigner ces blocs à un template de page ou à un CPT en particulier. Concrètement, l’utilisateur pourra ainsi créer un contenu en mettant des blocs personnalisés les uns à la suite des autres et en les ordonnant. Nativement, ces blocs proposés par WordPress sont assez basiques : une image, un WYSIWYG, etc. Grâce à ACF, les possibilités sont infinies. Par exemple, dans le cas du site de l’Alliance de la Presse, nous avons créé un bloc “Chiffres clés” composé de deux champs (chiffre clé et explication) répétables plusieurs fois selon le souhait de l’utilisateur. Un bloc peut être composé d’autant de champs que souhaité et permet de gagner en temps de contribution mais aussi en cohérence (si on reprend l’exemple, les chiffres clés seront affichés sous le même format partout sur le site car le même bloc est utilisé en back-office). Un bloc peut aussi être utilisé sur un seul type de contenu ou template, par exemple un bloc “Citation” composé d’un champ texte, d’un champ auteur (non pas contribué à la main mais choisi parmi la liste des auteurs, on en revient à l’utilité des taxonomies), et d’un champ date, qui ne serait pertinent que sur le CPT Étude. Avec ACF, tout est envisageable et le WordPress s’adapte à votre besoin.

Un site optimisé pour le SEO

En plus de bénéficier de possibilités infinies en termes de création de contenus, vous pourrez obtenir un site complètement optimisé en termes de SEO et cela très facilement, grâce au plugin Yoast SEO. Tout comme ACF, c’est un plugin très connu et très utilisé, et pour cause, car il couvre toutes les thématiques SEO clés, entre autres :

  • sitemap automatiquement créé et mis à jour à chaque création ou suppression de contenus. Le sitemap est un fichier xml décrivant le plan du site et listant toutes ses urls, ce qui permet d’indiquer à Google (et aux autres moteurs de recherche) quelles pages crawler pour les indexer et ainsi les faire remonter dans les résultats de recherche.
  • gestion des meta title / image / description par défaut ou bien contenu par contenu. Ces balises meta sont capitales pour indiquer à Google (et aux autres moteurs de recherche) comment afficher chaque page dans les résultats de recherche : quel titre et quelle description afficher ?
    gestion des og title / image / description. De la même manière que pour les balises meta title / image / description, Yoast SEO permet de gérer les balises Open Graph. Ces balises permettent d’indiquer aux réseaux sociaux comment afficher un contenu du site une fois partagé : quelle image apparaît sur Facebook quand la page d’accueil est partagée ? Et pour l’actualité X sur Twitter ? Les réseaux sociaux crawlent la page partagée et récupèrent le contenu des balises OG pour générer l’aperçu.
  • gestion des balises canonical. Les balises canonical sont gérées de façon automatique par le plugin (pas de modification à faire dans la grande majorité des cas). Dans le cas de pages présentant du contenu relativement similaire (par exemple des pages de listes filtrées, d’un filtre à l’autre l’url peut changer mais le contenu assez peu), ces balises permettent de rediriger Google (et les autres moteurs de recherche) vers la page originale (en l’occurrence dans notre exemple la page non filtrée) pour qu’il indexe plutôt cette dernière.

Le meilleur pour la fin, la version gratuite de Yoast SEO est suffisante dans la plupart des cas.

 

Un site possiblement traduisible

Vous souhaitez rendre disponible votre site dans une autre langue ? Pas de problème, c’est tout à fait possible sur WordPress. Deux options s’offrent à vous :

  • utiliser le multi-site : créer sur le même cœur WordPress un deuxième (et troisième, quatrième, cinquième… si nécessaire) site. Cet autre site utilisera le même cœur WordPress que votre site original, les mêmes blocs ACF, les mêmes CPT, mais vous pourrez y contribuer du contenu différent. Ce deuxième site ne sera ainsi pas une traduction à proprement parler de votre site original.
  • utiliser le multilingue : garder un seul site mais le rendre disponible dans une autre langue. De ce point de vue là, le deuxième site est purement une traduction du premier (attention, la traduction doit être faite page par page, contenu par contenu, taxonomie par taxonomie).

Pour mettre en place un WordPress multilingue, chez Sooyoos nous utilisons principalement le plugin WPML, couplé avec le plugin Loco Translate pour faciliter la traduction. Une fois installé, WPML permet de traduire toutes les pages, tous les posts des CPT, toutes les taxonomies, les menus, les formulaires. WPML permet également de traduire les éléments du thème, mais pour plus de facilité et d’intuitivité, nous conseillons plutôt de coupler son utilisation à celle de Loco Translate.

WordPress versus Joomla, Drupal, Webflow

Nous avons vu jusqu’à présent ce qui faisait de WordPress un CMS particulièrement adapté pour créer et mettre à jour des contenus. L’enjeu est désormais d’analyser comment il se positionne par rapport à d’autres CMS concurrents.

  • Intuitivité du back-office : c’est LE gros point fort de WordPress par rapport à Drupal ou Joomla. En guise d’exemple, la distinction page /article n’existe pas chez Joomla, le principe de drag-&-drop de blocs de contenu à la Gutenberg n’existe pas chez Drupal. Concernant Webflow, c’est un outil conçu principalement pour les designers, l’interface peut donc être intuitive pour les habitués de Photoshop ou Sketch, mais elle est très différente des interfaces classiques des CMS et peut donc dérouter.
  • Gestion des rôles utilisateurs : sur ce sujet, nativement Joomla et Drupal sont plus fournis que WordPress. Il est cependant largement possible d’ajouter des rôles personnalisés avec un peu de développement sur WordPress.
  • Gestion du multilingue : pas besoin de plugin tiers (comme WPML) pour installer du multilingue sur Drupal ou Joomla.
  • Sécurité : Webflow, Drupal et Joomla n’étant pas aussi utilisés que WordPress, et se basant moins sur des extensions tierces qui sont souvent la cause des failles de sécurité de WordPress, ils gagnent le match sur ce sujet.
  • Communauté / part de marché : victoire écrasante de WordPress sur la part de marché et sa communauté très active. Parmi les sites web utilisant un CMS, 65% utilisent WordPress, contre 2.6% pour Joomla, 2% pour Drupal et 0.7% pour Webflow.
  • Budget : WordPress est une solution plus “clé en main” que Joomla et Drupal et vous permet donc d’obtenir un site fonctionnel plus rapidement et donc pour moins cher. Quant à Webflow, il s’agit d’une solution payante donc forcément il faudra engager une somme supplémentaire au lancement du projet ; cependant, s’agissant d’un outil “no-code”, il nécessite moins de connaissances techniques pour créer un site et vous permet de vous passer de développeurs pour des projets très simples. Vous serez néanmoins vite limités si vous souhaitez mettre en place des fonctionnalités custom.
WordPress Joomla Drupal Webflow
Intuitivité du back-office +++ + + ++
Facilité de l’installation ++ + + +++
Budget ++ ++ +++ ++
Gestion des rôles utilisateurs ++ +++ +++ +
Gestion du multilingue ++ +++ +++ +
Liberté de rendu +++ + + ++
Sécurité ++ +++ +++ +++
Communauté / part de marché +++ + + +

Réponse aux principales critiques faites à WordPress

La sécurité

La critique que nous entendons le plus à propos de WordPress concerne la sécurité : un site sous WordPress serait soi-disant facilement hacké. Une première réponse, la plus évidente, est que mathématiquement plus il y a de sites utilisant WordPress, plus il y a de tentatives de hack, et donc plus il y a de chances qu’une faille soit trouvée et partagée. La deuxième réponse est que c’est très rarement le coeur WordPress qui est en cause, les failles viennent majoritairement de plugins (non fiables ou non mis à jour), de thèmes, d’un administrateur qui choisit un mot de passe non sécurisé, ou encore d’un hack côté serveur. De ce point de vue là, en appliquant des bonnes pratiques comme le choix de plugins fiables, les mises à jour régulières, une maintenance serveur régulière également, WordPress n’est pas moins sécurisé qu’un autre CMS ou qu’un framework. En plus de cela, nous recommandons l’installation d’un firewall applicatif (WAF) comme Wordfence.

Les performances

Un autre reproche souvent entendu sur WordPress est sa supposée lenteur par rapport à des sites créés sans CMS. Le temps de chargement des pages d’un site est crucial, tant pour l’expérience utilisateur (vous resteriez sur un site dont les pages mettent 15 secondes à charger ?) que pour le référencement naturel (Google pénalise grandement les sites peu performants). Pour répondre à cela, on peut déjà dire que c’était probablement vrai il y a dix ans, mais que WordPress a fait de grands progrès depuis. Cela étant dit, un certain nombre de bonnes pratiques peuvent tout de même être appliquées :

  • penser à mettre à jour régulièrement WordPress et à utiliser une version de PHP la plus récente possible, les performances de WordPress étant beaucoup liées aux performances de la version de PHP utilisée ;
  • installer un plugin de cache comme WP-Rocket. Ce plugin met vos pages web en cache pour accélérer leur chargement : le rechargement de ce cache se fait seulement périodiquement ou à chaque mise à jour du contenu de la page mise en cache ;
  • installer un plugin d’optimisation automatique des images à l’upload, ou à défaut, uploader des fichiers légers adaptés au web ;
    trier régulièrement les plugins pour désinstaller ceux qui ne sont pas ou plus utiles ;
  • suivre les recommandations des outils type Dareboost ou Page Speed Insights.

La maintenance

Certes, l’utilisation de WordPress facilite la création d’un site web et vous pourriez être tenté de tout faire vous-mêmes de A à Z, sans faire appel à un expert. Cependant, en plus de vous fournir un back-office et un thème 100% sur-mesure, une agence web pourra également maintenir de façon bien plus efficace votre WordPress. L’équipe technique pourra choisir les plugins adaptés (et éviter des problèmes d’incompatibilités entre plugins ou des effets de bords que peut-être vous ne pourriez pas identifier), appliquer les bonnes pratiques de développement, mettre à jour le WordPress dès que nécessaire, agir rapidement en cas de problème, de bug, de faille. C’est tout l’objet d’un contrat de maintenance décrit plus en détail dans cet article.

Pourquoi WordPress va au-delà de ça et peut être pertinent pour d'autres types de projets ?

Jusqu’ici, nous avons décrit les usages puissants mais classiques de WordPress, idéaux pour créer des contenus éditoriaux, des blogs, des sites vitrines. Cependant, il est tout à fait possible d’utiliser WordPress pour des projets plus ambitieux. Nous allons lister ci-dessous 3 usages sous-exploités de WordPress, qui sont pourtant tout aussi pertinents.

Faire un espace connecté sécurisé avec WordPress

Centraliser au même endroit la gestion des contenus de votre site vitrine, la réception des leads via votre formulaire de contact, et votre intranet / extranet / espace membre, c’est possible grâce à WordPress. Vous bénéficiez ainsi des fonctionnalités clés en main du CMS sans vous priver de la complexité métier de votre espace sécurisé. Encore une fois, s’agissant de sur-mesure, tout est envisageable techniquement, mais voici par exemple des fonctionnalités que nous avons mises en place dans des intranets pour des projets de l’agence : collecte et rapport de données (saisie puis dashboards), exports sécurisés, gestion documentaire sécurisée (avec restriction d’accès à des groupes d’utilisateurs). Pour plus de détails, la mise en place technique de ce type d’espace sécurisé a été décrite par notre lead développeur WordPress Willy dans cet article.

Utiliser WordPress en mode headless

Un autre usage intéressant de WordPress peut être l’architecture headless. Fonctionnellement, cela revient à utiliser WordPress uniquement pour son back-office, et d’utiliser un front-office dissocié, par exemple en utilisant un framework JavaScript comme ReactJS. Les contenus sont gérés dans le back-office WordPress avec la simplicité qu’on connaît, et le lien entre back-office et front-office est fait par l’API REST WordPress. Cette architecture présente de nombreux avantages, entre autres :

  • plus de sécurité (car le WordPress n’est pas exposé),
  • la possibilité d’utiliser l’API pour livrer à une web app mais aussi une app mobile,
  • le choix de la technologie front-end en fonction de votre projet ou de vos ressources, etc.

Aujourd’hui, WordPress fournit une API Rest native, qui ne permet pas encore de gérer des cas d’usages trop personnalisés nativement, c’est-à-dire qu’il est nécessaire de passer un peu de temps pour adapter l’API à chaque type de contenu. Ceci étant dit, WordPress ne cesse d’améliorer son API native, ce qui est de bon augure pour les mois et années à venir. L’architecture headless a donc probablement de beaux jours devant elle. Une synthèse des avantages et inconvénients de ce type d’architecture a été rédigée par Constantin, développeur front-end chez Sooyoos, dans cet article.

Utiliser WordPress pour générer un site statique

Un troisième cas d’usage pour lequel WordPress répond présent est la génération d’un site statique. L’idée est de profiter de toute la flexibilité et l’intuitivité du back-office WordPress pour gérer les contenus, puis de lancer manuellement un export du site en version statique pour l’héberger ailleurs. Pour un de nos projets, nous avons étoffé ce script d’export en le complétant par une synchronisation automatique des pages exportées sur un S3 (service de stockage d’Amazon).

Voici quelques avantages d’utiliser un site statique plutôt qu’un site dynamique :

  • plus écologique : le site statique consomme beaucoup moins de ressources serveur qu’un site dynamique ;
  • plus sécurisé : une fois exporté statiquement, le site statique est complètement dissocié du WordPress ;
  • plus performant ;

En couplant cela avec un back-office WordPress, on peut avoir un site sécurisé, écoconçu, performant, mais pour lequel on garde la main sur les contenus grâce au backoffice WordPress.
Chez Sooyoos, nous avons testé deux approches différentes pour gérer ce type de projets : la première a été d’utiliser un plugin d’export du marché (WP2Static). Ce plugin nous a semblé être un moyen rapide et peu coûteux pour obtenir un export statique fonctionnel. Il fonctionne globalement bien, mais force est de constater que dès qu’on a un site un peu complexe avec du sur-mesure, on atteint les limites de ce plugin et il est nécessaire de modifier le cœur du plugin, ce qui est à la fois long et restrictif. Par conséquent, nous avons par la suite décidé de créer notre propre plugin d’export statique. La mise en place est un peu plus longue au démarrage car nous partions de zéro, mais la solution est adaptable à 100% aux besoins spécifiques de tel ou tel projet, plus facile à maintenir, et sur le long terme moins coûteuse. Aujourd’hui, grâce à ce plugin maison, nous pouvons proposer facilement ce type d’export pour bénéficier des avantages du statique et du backoffice WordPress.

WordPress peut-il rivaliser avec Magento ou Shopify pour construire un site e-commerce ?

Il est également possible d’utiliser WordPress pour construire son site e-commerce en installant le plugin WooCommerce. C’est une solution adaptée pour un site marchand très simple et avec peu de produits. Toutefois, ce n’est pas le CMS à privilégier dans le cas de sites marchands avec un gros catalogue de produits ou avec un workflow sur-mesure. Dans ces cas-là, le plus judicieux est de se tourner vers des CMS spécifiquement faits pour le e-commerce, comme Magento, Shopify ou Prestashop.

CMS ou framework php : quels doivent être les critères de choix ?

Mais alors comment choisir ? Dans quels cas se tourner vers un WordPress est pertinent, dans quels cas faut-il préférer un autre CMS ou un framework php ? C’est tout d’abord et avant tout le rôle d’une agence digitale de comprendre votre projet et ses enjeux et de vous proposer la technologie adaptée.

Ceci étant dit, nous avons listé ci-dessous quelques critères de choix généralistes :

  • La typologie de projet : s’agit-il d’un site e-commerce ? d’un site vitrine ? Votre projet porte-t-il un fort enjeu éditorial ? s’agit-il d’une plateforme métier ? avez-vous besoin d’un espace connecté ?
  • La complexité du projet : un projet extrêmement complexe (que du sur-mesure, fonctionnalités très spécifiques, liens avec des services tiers, etc.) sera probablement mieux porté par un framework php type Symfony.
  • Le budget et les délais
  • Vos contraintes techniques : faut-il s’intégrer dans un écosystème technique existant de votre côté ? faut-il créer des liens avec des services tiers ? Des contraintes de ce type pourraient vous faire pencher vers l’utilisation d’un framework php.

Récapitulatif : les meilleurs cas d'usage de Wordpress

  • Pour un site vitrine ou site éditorial, qu'il soit peu complexe ou très complexe, WordPress est un choix pertinent.
  • Pour un site e-commerce, s'il est très peu complexe, vous pouvez vous tourner vers WordPress, s'il est complexe ou très complexe, privilégiez le choix d'un CMS spécialisé e-commerce ou d'un framework php (Symfony).
  • Pour une plateforme métier, si elle est peu complexe ou complexe, vous pouvez vous tourner vers WordPress ou bien vers un framework php (Symfony) ; si elle est très complexe, privilégiez un framework.
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