Le POC (proof of concept), également connue sous le nom de preuve de concept en français, est devenu une étape indispensable dans la gestion d’un projet. Souvent confondue à tort avec le prototype, l’étape de la proof of concept n’en est pas moins importante puisque son but, en début de projet, est de prouver qu’une théorie ou un concept sont viables.

La proof of concept : qu’est-ce que c’est ?

Définition de la proof of concept

Nous rencontrons bien souvent les termes de proof of concept (POC) et de prototype en management de projet. Bien qu’ils soient souvent utilisés de manière interchangeable, ces deux termes sont bien distincts.

Au cours du cycle de vie d’une initiative, un produit ou un projet se trouvera dans ces catégories, et il est impératif que le produit réussisse cette transformation afin que le projet soit un succès.

De plus en plus utilisée en gestion de projet, la proof of concept (POC) est une démonstration pour vérifier qu’un concept ou qu’une théorie a du potentiel pour une application réelle. En résumé, une preuve de concept est la preuve qu’un projet ou produit est faisable, et que les dépenses financières nécessaires à son aboutissement ne sont pas vaines.

 

POC

Les caractéristiques de la proof of concept

La proof of concept a la particularité de faire partie du cadrage du projet, un document essentiel pour tous les acteurs impliqués dans la réalisation d’un projet commun. En effet, c’est ce document qui va fixer les différents objectifs à atteindre et présenter les risques et enjeux liés au projet.

Il faut savoir que la proof of concept est très appréciée dans le cadre de la méthode Agile, méthode de gestion de projet plus souple qui a vu le jour officiellement en 2001 aux États-Unis. Dans ce contexte, la preuve du concept est mise en place en amont dans le processus. Elle prend alors la forme d’un petit exercice pour tester l’idée et pour vérifier qu’un certain concept ou théorie peut être développé. La preuve du concept est donc réalisée sur une période définie, plutôt courte, et nécessite l’utilisation de données en accord avec la réalité et qui sont mises à jour régulièrement.

La proof of concept précède l’étape du prototype. Elle a pour objectif de se faire une idée sur le produit, sans être destinée à être commercialisée. Si la proof of concept permet de répondre à la question « est-ce faisable ? », le prototype permet quant à lui de répondre à la question « comment est-ce faisable ? ».

Enfin, il ne faut pas confondre la preuve de concept (POC) avec le minimum viable product (MVP). Ce dernier intervient bien plus tard dans la gestion de projet, puisque c’est une version du produit ou service destinée à être testée par le client. Pour autant, il ne s’agit pas encore de la version finale, puisqu’il peut lui manquer des fonctionnalités qui n’empêchent pas pour autant son fonctionnement.

À quoi sert la proof of concept ?

Le proof of concept a pour objectif de répondre à deux questions :

  • « Est-ce qu’il existe un besoin pour X produit ou service ? »
  • « Est-ce que X produit ou service est réalisable ? »

La réponse peut alors être oui ou non, ou encore « GO » ou « NO GO ».

Pour étudier la faisabilité et la performance du concept, ce dernier est étudié sous plusieurs points : marketing, technique, et économique.

Ainsi, la proof of concept peut prendre la forme d’un mini-projet dans lequel une étude peut être menée. Ainsi, de nombreuses entreprises ont recours à la POC afin de valider une idée sans dépenser une trop importante somme d’argent.

Il faut également savoir que certaines start-ups sont issues d’une proof of concept. En effet, cette dernière est présentée à un panel d’investisseurs, qui financent le projet après avoir démontré sa viabilité, lui permettant alors d’aboutir. Par la suite, la start-up pourra alors recourir à d’autres POC pour le lancement d’autres projets.

À qui s’adresse la POC ?

La proof of concept est souvent considérée comme une étape de validation essentielle dans les méthodologies de gestion de projet.  Elle est très prisée des start-ups et des sociétés innovantes, car elle permet de valider un business model ou encore la faisabilité d’un produit ou concept. Ainsi, la proof of concept s’adresse aux petites, moyennes ou grandes entreprises sans distinction puisqu’elle permet de valider tant un business model qu’un produit.

Après étude, si les réponses aux questions « Est-ce qu’il existe un besoin pour X produit ou service ? » et « Est-ce que X produit ou service est réalisable ? » sont négatives, le projet est abandonné dès le départ (NO GO).

En informatique, la preuve de concept permet de démontrer l’existence d’une faille logicielle en apportant un programme qui la met en évidence. Par ailleurs, les grandes entreprises ont souvent recours à la proof of concept pendant le déploiement d’un intranet groupe. Dans ce cadre, une version limitée est proposée dans un premier temps à une unique direction ou département afin de tester et valider son fonctionnement. Ainsi, la direction des systèmes d’information peut étudier la viabilité de son projet avant le déploiement de la technologie à toute l’entreprise.

Pour autant, la proof of concept n’est pas exclusivement réservée aux entreprises ou start-ups, c’est une étape que tout un chacun peut appliquer à son échelle.

Pourquoi utiliser cette méthode ?

Les avantages de la proof of concept

La proof of concept a bien des avantages puisqu'elle permet de vérifier la faisabilité d’un projet. Voici ses principaux avantages :

  • La POC permet de limiter les risques et incertitudes avant d’avancer plus loin dans le projet puisqu’elle est mise en place bien en amont dans la gestion de projet ;
  • Elle permet d’identifier rapidement et plus tôt les éventuels risques et de commencer à établir les solutions ;
  • En réalisant une ou plusieurs études dans le cadre de la proof of concept, les managers évaluent et anticipent les réactions de la clientèle avant la mise en marché d’un produit ou d’un service ;
  • En prouvant qu’un produit ou service est voué à l’échec, il est possible de faire des économies de temps et d’argent

Les inconvénients de la POC

Le recours à une proof of concept a de nombreux avantages, ce qui la rend incontournable en gestion de projet. Pour autant, c’est une méthode qui a aussi ses inconvénients et défaillances, comme toute autre méthode.

Les inconvénients de la preuve de concept sont liés à la façon de s’y prendre plutôt qu’à la démarche en elle-même. Cela s’explique notamment par la négligence de nombre d’entreprises lors de l’accomplissement de cette étape en gestion de projet, à laquelle elles consacrent peu de temps et d’argent.

 

Voici quelques inconvénients de la proof of concept :

  • La proof of concept peut induire en erreur et conduire à la mauvaise décision en cas de manque de données pertinentes. Elle constitue alors une perte de temps et d’argent ;
  • Il existe un risque d’abandonner un projet qui est en réalité viable lorsque l’équipe ou l’entreprise ne se penchent pas plus en détail ;
  • Il peut arriver qu’un produit ou service soit viable à petite échelle mais pas à grande échelle, cela se produit notamment lorsque l’échelle prise en compte lors de la démonstration de la viabilité n’est pas la même que celle appliquée en réel ;
  • Si le périmètre pris en compte n’est pas représentatif, la conclusion risque d’être erronée.

Un récapitulatif des avantages et inconvénients de la proof of concept

Les avantages Les inconvénients
  • Gagner du temps et faire des économies sur le long terme
  • Identifier rapidement les enjeux liés au projet et trouver les solutions en amont grâce au gain de visibilité
  • Prendre une décision plus facilement et avec un investissement moindre

 

  • Risque d’être induit en erreur en cas de manque de données pertinentes liées au projet
  • Risque de conclure sur l’abandon du projet alors qu’il est en réalité viable
  • Des problèmes d’échelle et de périmètre peuvent entraîner l’échec d’un projet lors de la mise sur le marché

 

Comment mener à bien une proof of concept ?

Pour mener à bien une proof of concept, il faut prendre connaissance de quelques points de vigilance. Il est notamment nécessaire de définir précisément les hypothèses de départ et être en possession d’instruments de mesures pertinents afin de répondre aux questions de départ. Un dernier point de vigilance étant la nécessité de bien établir son périmètre d’étude et de test : en effet, dans le cas contraire, il y a un risque d’être induit en erreur et de dresser une conclusion erronée.

Pour travailler sur la preuve de concept, il est nécessaire de mettre en place une équipe dédiée, idéalement composée d’un ou plusieurs représentants du client et des développeurs, notamment lorsqu’il s’agit d’une grande entreprise.

 

Réussir sa proof of concept nécessite de respecter certaines phases :

  • Établir et analyser les objectifs de la proof of concept. Il faut alors établir le but et les hypothétiques résultats, et définir clairement le public à convaincre ;
  • Définir son périmètre, en déterminant notamment les cibles du proof of concept, ainsi que les outils à adopter (études, questionnaires etc). Il faut également estimer le temps nécessaire pour la réalisation des éventuelles études ou recherches à mener ;
  • Analyser les résultats une fois les informations nécessaires récoltées. Ainsi, il est possible de répondre à la question que pose la proof of concept : la théorie ou le produit sont-ils viables ?
  • Conclure sur la faisabilité du produit ou service grâce aux résultats des étapes précédentes. Lors de cette étape, c’est également l’occasion de penser aux prochaines étapes (notamment au prototype).

 

Prenons l’exemple d’une entreprise dont le client nécessite un redéveloppement d’une partie du progiciel développée par ladite entreprise. Le client souhaite utiliser le logiciel pour gérer l’ensemble de ses données techniques ainsi qu’un fichier qui n’avait jamais été prévu jusque-là.

L’objectif de la preuve de concept est de démontrer que l’intégration du type de fichier désiré par le client n’aura aucun impact négatif sur les fonctionnalités du logiciel. Par la même occasion, la proof of concept permettra de confirmer le fonctionnement parfait de toutes les fonctionnalités existantes ainsi que la valeur ajoutée des changements prévus pour le logiciel.

Avec le client, voici les éléments requis et les règles à appliquer qui ont été déterminées :

  • La liste des types de données nécessaires ;
  • Les règles de traitement pour chacune de ces données ;
  • Les règles de traitement des erreurs et données erronées ;
  • Un échantillon des données en entrée ;
  • Une définition détaillée des données en sortie ;
  • Les règles de vérification des données traitées ;
  • Un exemple de rapport de sortie

 

Dans cet exemple, un responsable a été désigné pour la mise en œuvre et l’intégration de la fonctionnalité à tester. Il est chargé de décrire au reste de l’équipe le quoi et comment de cette mise en œuvre.

Par la suite, les résultats de la preuve de concept sont décrits et sauvegardés par l’équipe.

Il est également important de décrire les conclusions tirées de la preuve de concept, et d’en tirer des leçons pour les prochaines.

Liens et sources complémentaires

 

Questions fréquentes